L'artisanat kiribatien

L'artisanat kiribatien tire tout son matériau de trois plantes et de la mer. Le pandanus, le cocotier et quelques bois durs fournissent la fibre, la feuille et la charpente, tandis que le lagon apporte coquillages et dents de requin. Les techniques se transmettent de mère en fille et de père en fils, souvent sans autre outil qu'un couteau.

Nattes et paniers de pandanus

Les feuilles de pandanus, séchées puis assouplies et découpées en lanières régulières, servent au tressage de nattes, de paniers, de chapeaux, d'éventails et de voiles de pirogue. Les nattes les plus fines demandent plusieurs semaines de travail et constituent un cadeau de prestige lors des mariages et des funérailles. Les motifs géométriques varient selon les îles et permettent souvent d'identifier l'origine d'une pièce.

Cordage de fibre de coco

La bourre de noix de coco, trempée dans l'eau du lagon puis battue, donne une fibre que l'on roule en cordelette sur la cuisse. Ce cordage assemble les charpentes de maneaba, les coques de pirogue et les manches d'outils, sans qu'aucun clou intervienne. Sa fabrication occupe traditionnellement les hommes âgés et représente un savoir-faire encore vivant dans les îles extérieures.

Armes et armures de guerriers

Les guerriers de l'archipel portaient jusqu'au 10-neuvième siècle une armure entièrement tressée en fibre de coco, complétée par une cuirasse dorsale et par un casque taillé dans une peau de poisson-ballon séchée. Leurs armes associaient un manche de bois et des rangées de dents de requin fixées par des ligatures. Ces objets figurent aujourd'hui dans les grands musées européens et américains, et quelques artisans en produisent des répliques.

Coquillages et sculpture sur bois

Colliers, ceintures et couronnes de coquillages accompagnent les danses et se vendent aux visiteurs. Le bois de cocotier et le bois de tournefortia servent à sculpter des maquettes de pirogues à balancier, des bols et des manches. Les modèles réduits de voiliers traditionnels comptent parmi les souvenirs les plus recherchés.

Artisanat et économie

La vente de ces objets procure un revenu d'appoint à de nombreuses familles, surtout aux femmes regroupées en associations villageoises. La faiblesse du tourisme limite toutefois les débouchés locaux, et une partie de la production part vers la diaspora installée aux Fidji, en Nouvelle-Zélande et en Australie.