Culture kiribatienne

La culture kiribatienne s'est construite sur 33 îles basses dispersées dans un océan immense, dans un environnement qui n'offrait que le cocotier, le pandanus, le corail et le poisson. Elle en a tiré une organisation sociale d'une remarquable cohérence, articulée autour de la maison commune, le maneaba, où chaque famille occupe une place héritée et où se règlent les affaires du village. La langue nationale, le gilbertin, y demeure le principal véhicule de la vie quotidienne, tandis que l'anglais, hérité du protectorat britannique, sert d'outil administratif. Les chants collectifs et les danses assises ou debout constituent l'expression artistique majeure d'un archipel qui a peu développé les arts plastiques. L'entraide obligatoire entre parents, le bubuti, et l'attachement à la terre familiale structurent encore les relations sociales, aux côtés d'une pratique chrétienne très largement partagée. L'histoire du vingtième siècle, du phosphate de Banaba à la bataille de Tarawa et aux essais nucléaires de Kiritimati, a laissé des traces profondes dans la mémoire collective. Aujourd'hui, la montée du niveau marin et l'émigration donnent à cette culture une dimension nouvelle, celle d'un héritage que ses porteurs cherchent à transmettre au-delà des atolls qui l'ont vu naître.