La musique kiribatienne

La musique tient à Kiribati une place que peu de domaines lui disputent. Elle accompagne les assemblées, les mariages, les deuils et les compétitions entre villages, et elle demeure avant tout affaire de voix. Les chants collectifs, portés par des chœurs nombreux, s'accompagnent d'une gestuelle codifiée que l'on retrouve dans toute la Micronésie.

Chants traditionnels

Le répertoire ancien rassemble des chants narratifs qui racontent les migrations, les généalogies et les exploits guerriers. Un compositeur spécialisé, le kainikamaen, recevait ses mélodies au terme d'un travail rituel, puis les confiait à un groupe chargé de les apprendre et de les présenter en public. Les chants d'amour, les berceuses et les chants de travail complètent cet ensemble. Les missions protestantes et catholiques ont ajouté au 10-neuvième siècle un chant choral à plusieurs voix qui reste très pratiqué dans les églises.

Ruoia et formes anciennes

Le ruoia désigne la plus ancienne série de danses de l'archipel. Un chœur placé derrière les danseurs marque le rythme et la pièce se déroule en plusieurs séquences dont le tempo s'accélère. Le kawawa ouvre la suite, le kamei fait intervenir un meneur, et certaines variantes appartiennent à des îles précises comme Abemama.

Bino et danse assise

Le bino se danse assis. Les interprètes alignés au sol ne bougent que le buste, les bras et la tête, en synchronisation étroite avec le chant. Cette forme convient parfaitement au maneaba, où l'assistance entoure les danseurs de très près. Parmi les danses debout, le kaimatoa éprouve l'endurance des exécutants qui gardent les bras tendus de longues minutes, tandis que le buki, réservé aux femmes du nord de l'archipel, met en valeur le mouvement des hanches sous une lourde jupe en palmes de cocotier.

Instruments

La percussion corporelle, les claquements de mains et les frappes sur les cuisses fournissent l'essentiel de l'accompagnement. Un coffre de bois creux, frappé simultanément par un groupe d'hommes, produit la résonance grave qui soutient les danses debout. Le tirere fait s'entrechoquer des bâtons et ne se donne plus que lors des grandes fêtes. La guitare, introduite au vingtième siècle, accompagne aujourd'hui la plupart des chœurs assis.

Musique et célébrations

Chaque village prépare ses danses pour la fête nationale de juillet, pour les botaki qui marquent naissances et mariages et pour les visites officielles. Les groupes rivalisent de précision et la qualité d'une prestation rejaillit sur la réputation de l'île entière.