La société kiribatienne repose sur trois piliers que les habitants citent volontiers, la famille, l'Église et la mer. La réussite personnelle y compte moins que la capacité à tenir son rang dans un réseau d'obligations réciproques. Cette morale du partage explique une bonne part des comportements observés au quotidien.
La parenté s'organise autour de l'utu, l'ensemble des personnes liées par le sang qui détiennent en commun des parcelles de terre, et du kainga, le domaine familial hérité. La filiation se compte aussi bien du côté paternel que du côté maternel, ce qui multiplie les appartenances. La terre ne se vend presque jamais, car elle fonde l'identité et le droit de siéger au maneaba.
Le bubuti autorise un parent, un voisin ou un ami à demander un bien ou un service dont il a besoin. Le refus expose à la honte, même si le contexte et la nature de la demande atténuent parfois cette obligation. Ce mécanisme redistribue efficacement les ressources dans une société pauvre, mais il complique la vie des commerçants et des salariés, régulièrement sollicités par leur parentèle.
La quasi-totalité des habitants se déclarent chrétiens. Le recensement de 2020 place l'Église catholique en tête avec près de six habitants sur 10, devant l'Église unie de Kiribati, héritière des missions protestantes congrégationalistes. Adventistes, baha'is et mormons complètent ce paysage. Les paroisses structurent la vie sociale, financent les écoles et organisent les chorales, et le dimanche reste largement consacré au culte.
Le lagon et l'océan fournissent l'essentiel des protéines et fixent le rythme des journées. La pêche appartient traditionnellement aux hommes, tout comme la récolte de la sève de cocotier, tandis que les femmes cultivent le babai, préparent les repas et tressent. Les savoirs de navigation et de lecture de la houle se transmettent encore dans les îles extérieures.
Faute d'emplois sur place, de nombreux jeunes hommes se forment au Marine Training Centre de Tarawa et embarquent sur des navires de commerce étrangers. Leurs envois d'argent soutiennent des familles entières. D'autres partent travailler en Nouvelle-Zélande ou en Australie grâce à des programmes saisonniers, et la perspective de la montée des eaux nourrit une réflexion durable sur la migration.