La vie politique kiribatienne repose davantage sur les personnes, les réseaux familiaux et les solidarités d'île que sur des appareils partisans solides. Les formations se créent, fusionnent et changent de nom au gré des recompositions parlementaires, ce qui rend la lecture des rapports de force mouvante d'une législature à l'autre.
Les partis fonctionnent comme des regroupements souples, sans adhésion formelle ni discipline de vote stricte. Deux ensembles structurent aujourd'hui le débat, le Tobwaan Kiribati Party, au pouvoir, et le Boutokaan Kiribati Moa Party, héritier du Boutokaan te Koaua, qui anime l'opposition. De nombreux candidats se présentent sans étiquette avant de rejoindre l'un des deux camps une fois élus.
Les législatives des 14 et 19 août 2024 ont donné 33 sièges sur 45 au Tobwaan Kiribati Party, contre huit au Boutokaan Kiribati Moa Party. Cette large majorité a permis au camp présidentiel de maîtriser la désignation des candidats à la magistrature suprême. Cinq femmes siègent dans le Parlement issu de ce scrutin, un niveau inédit dans le pays.
Le 25 octobre 2024, Taneti Maamau a rassemblé 55 % des suffrages face à Kaotitaake Kokoria, ancien membre du parti au pouvoir passé dans l'opposition, crédité de 42 %. La participation a atteint environ 69 % des inscrits. Investi le 1er novembre 2024, le président a entamé un troisième et dernier mandat, la Constitution interdisant d'aller au-delà.
Les débats portent sur la relation avec la Chine, l'emploi des recettes de la pêche et du fonds souverain, la répartition des investissements entre Tarawa-Sud et les îles éloignées, ainsi que sur le discours à tenir face à la montée des eaux. L'opposition dénonce une concentration du pouvoir et un affaiblissement des contre-pouvoirs, tandis que la majorité met en avant la stabilité et les chantiers d'infrastructure.
Les trajectoires individuelles pèsent autant que les programmes. Ieremia Tabai, premier chef de l'État après l'indépendance, Anote Tong, président de 2003 à 2016 et porte-voix international sur le climat, puis Taneti Maamau, au pouvoir depuis mars 2016, ont chacun imposé un style de gouvernement. Côté opposition, Tessie Lambourne s'est imposée comme la principale voix critique depuis 2020.