La population de Kiribati reste modeste en nombre mais très inégalement répartie sur un territoire immense. Les indicateurs sociaux reflètent à la fois une jeunesse marquée, une urbanisation rapide et les contraintes propres aux petits États insulaires.
Le recensement de 2020 a dénombré 119 940 habitants. La croissance annuelle avoisine 1,5 % et l'indice de fécondité s'établit autour de 2,2 enfants par femme selon les estimations de la même période. Les projections nationales situent la population au-dessus de 130 000 personnes au milieu des années 2020.
Plus de la moitié des habitants vivent à Tarawa-Sud, où 63 439 personnes se partageaient moins de 16 kilomètres carrés en 2020. La densité y approche 4 000 habitants au kilomètre carré, un niveau comparable à celui de grandes agglomérations, alors que plusieurs atolls extérieurs comptent moins de 2 000 résidents.
La population demeure jeune. Les moins de 15 ans représentent environ 36 % des habitants, les 15 à 64 ans un peu plus de 60 %, et les personnes de 65 ans et plus moins de 4 %. Cette structure pousse la demande en écoles, en formation et en emplois.
Le départ des îles extérieures vers Tarawa nourrit la croissance urbaine depuis l'indépendance. La population de Tarawa-Sud a plus que triplé depuis 1979, ce qui accentue la pression sur le foncier, le logement et les services publics.
L'espérance de vie à la naissance se situe autour de 68 ans. Les maladies non transmissibles, notamment le diabète, l'obésité et l'hypertension, pèsent lourdement sur la mortalité adulte, tandis que la tuberculose reste présente. La qualité des données d'état civil demeure limitée, ce qui rend les estimations prudentes.
L'accès à une eau potable gérée en sécurité reste partiel, surtout dans les quartiers denses de Tarawa-Sud où les nappes souterraines subissent une forte pression. L'assainissement pose des difficultés comparables et présente un enjeu sanitaire majeur. L'alphabétisation des adultes atteint en revanche un niveau élevé, grâce à une scolarisation primaire très largement répandue.
L'émigration complète ce tableau. Des Kiribatiens partent travailler ou s'installer en Nouvelle-Zélande, en Australie et aux Fidji, souvent par des dispositifs de quotas ou de travail saisonnier. Les marins embarqués sur des navires étrangers représentent par ailleurs une source de revenus notable pour de nombreuses familles.